{"id":425,"date":"2023-06-08T17:06:00","date_gmt":"2023-06-08T15:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.site.cdcl.xyz\/2023\/06\/08\/les-notations-de-consommation-en-droit-des-contrats-et-en-droit-international-prive-ne-sont-pas-equivalentes\/"},"modified":"2023-06-08T17:06:00","modified_gmt":"2023-06-08T15:06:00","slug":"les-notations-de-consommation-en-droit-des-contrats-et-en-droit-international-prive-ne-sont-pas-equivalentes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.centresaintebarbe.fr\/blog\/les-notations-de-consommation-en-droit-des-contrats-et-en-droit-international-prive-ne-sont-pas-equivalentes\/","title":{"rendered":"les notations de consommation en droit des contrats et en droit international priv\u00e9 ne sont pas \u00e9quivalentes"},"content":{"rendered":"
Plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e, la Cour de justice a rendu l\u2019arr\u00eat dans l\u2019affaire C\u2011570\/21, YYY. (Notion de consommateur). L\u2019affaire concernait, une fois de plus, la notion de consommateur au sens de la directive 93\/13\/CEE concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs (UCTD). La Cour a d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 des probl\u00e8mes similaires dans sa jurisprudence ant\u00e9rieure, par exemple r\u00e9cemment dans l\u2019affaire C-485\/21, SV (Immeuble en copropri\u00e9t\u00e9). L\u2019arr\u00eat a confirm\u00e9 que la notion de consommateur dans les contrats \u00e0 usage mixte sous UCTD doit \u00eatre comprise largement<\/b>. La d\u00e9cision n\u2019est pas une surprise; ce qui est n\u00e9anmoins remarquable est une confirmation explicite que la notion de consommateur en droit des contrats est diff\u00e9rente de celle en droit international priv\u00e9. La Cour a en outre fourni des indications suppl\u00e9mentaires sur l\u2019interpr\u00e9tation de la notion de consommateur dans les contrats de cr\u00e9dit collectif.<\/span><\/p>\n Faits de l\u2019affaire<\/span><\/b><\/p>\n L\u2019affaire concernait un contrat de cr\u00e9dit conclu entre une banque et deux d\u00e9biteurs mari\u00e9s, dont l\u2019un \u00e9tait ind\u00e9pendant. Le montant du pr\u00eat \u00e9tait consacr\u00e9 en partie \u00e0 des fins professionnelles et en partie \u00e0 des fins priv\u00e9es. sp\u00e9cifiquement, <\/span>35 % du pr\u00eat ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour r\u00e9gler les impay\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019un des d\u00e9biteurs, tandis que les 65 % restants ont servi \u00e0 financer des travaux de r\u00e9novation dans la maison des d\u00e9biteurs. Dans ce contexte, la question a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e de savoir si le contrat constituait un contrat entre entreprises et consommateurs et relevait du champ d\u2019application de l\u2019UCTD.<\/p>\n Objectif \u00ab non pr\u00e9dominant \u00bb ou \u00ab n\u00e9gligeable \u00bb<\/b><\/p>\n La juridiction de renvoi a demand\u00e9 l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 2, sous b), de la UCTD, qui d\u00e9finit la notion de consommateur, en s\u2019interrogeant explicitement sur la pertinence de la jurisprudence Gruber dans ce contexte. Pour rappel, la Cour a \u00e9tabli dans l\u2019arr\u00eat Gruber qu\u2019une personne qui conclut un contrat pour des biens destin\u00e9s \u00e0 des fins en partie internes et en partie \u00e9trang\u00e8res \u00e0 son activit\u00e9 commerciale ou professionnelle ne peut se pr\u00e9valoir des r\u00e8gles sp\u00e9ciales de comp\u00e9tence que si l\u2019objet commercial ou professionnel est \u00ab si limit\u00e9 qu\u2019il est n\u00e9gligeable<\/b> \u00bb dans le contexte global de la fourniture. Cela semblait en contradiction avec la formulation sur les contacts \u00e0 usage mixte que l\u2019on trouve, entre autres, dans la directive 2011\/83\/UE relative aux droits des consommateurs (CRD). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, conform\u00e9ment au consid\u00e9rant 17 de la CRD lorsque le contrat est conclu \u00e0 des fins en partie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et en partie \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019activit\u00e9 professionnelle de la personne et que l\u2019objet commercial est \u00ab si limit\u00e9 que ne pas \u00eatre pr\u00e9dominant<\/b>\u00ab Dans le cadre global du contrat, cette personne doit \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un consommateur.<\/p>\n Comme mentionn\u00e9, les pr\u00e9c\u00e9dents arr\u00eats de la Cour sugg\u00e9raient que le test Gruber ne pouvait pas \u00eatre appliqu\u00e9 plus largement au droit de la consommation, mais se limitait au contexte sp\u00e9cifique de la loi applicable et de la juridiction. La Cour a maintenant rendu cette distinction explicite. Il a attir\u00e9 l\u2019attention sur un lien \u00e9troit entre l\u2019UCTD et le CRD<\/b>, r\u00e9cemment renforc\u00e9 par la directive Omnibus (paragraphe 43). La Cour a soulign\u00e9 que les deux directives poursuivent le m\u00eame objectif principal, \u00e0 savoir assurer un niveau \u00e9lev\u00e9 de protection des consommateurs (paragraphe 42). Elle a \u00e9galement observ\u00e9 qu\u2019une formulation similaire \u00e0 celle du consid\u00e9rant 17 de la CRD peut \u00e9galement \u00eatre trouv\u00e9e dans la directive ADR et le r\u00e8glement ODR, sugg\u00e9rant que le l\u00e9gislateur a voulu qu\u2019une telle lecture plus large ait une nature horizontale<\/b> (paragraphe 45). D\u00e8s lors, la notion de consommateur au sens de la UCTD doit \u00eatre comprise comme couvrant \u00e9galement une personne qui conclut un contrat \u00e0 double finalit\u00e9 si la finalit\u00e9 commerciale est si limit\u00e9e qu\u2019elle ne pr\u00e9domine pas dans le cadre global du contrat.<\/p>\n La lecture plus restrictive de la notion de consommateur dans les contrats mixtes reste pertinente dans le domaine du droit international priv\u00e9. Ici, comme l\u2019a not\u00e9 la Cour, des objectifs suppl\u00e9mentaires doivent \u00eatre pris en compte, \u00e0 savoir la s\u00e9curit\u00e9 juridique<\/b> autre pr\u00e9visibilit\u00e9 <\/b>de la juridiction. L\u2019arr\u00eat Schrems, plus r\u00e9cent, ne remet pas en cause cette lecture (par. 47). <\/p>\n Conventions de cr\u00e9dit solidaires<\/b><\/p>\n Apr\u00e8s avoir clarifi\u00e9 les limites ext\u00e9rieures de la notion de consommateur, la Cour a ensuite fourni des lignes directrices plus pr\u00e9cises sur son interpr\u00e9tation dans le cas d\u2019esp\u00e8ce. Premi\u00e8rement, elle a soulign\u00e9 que la juridiction de renvoi devait tenir compte de toutes les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce, y compris la nature du produit ou du service. Dans le cas des contrats de cr\u00e9dit \u00e0 usage mixte, la Cour a indiqu\u00e9 que la port\u00e9e des composantes professionnelle et personnelle du contrat et l\u2019objet principal du contrat devaient \u00eatre pris en consid\u00e9ration. La Cour a ensuite formul\u00e9 des crit\u00e8res plus pr\u00e9cis, notant qu\u2019ils ne sont ni exhaustifs ni exclusifs (par. 58). En particulier, le r\u00e9partition qualitative<\/b> de la somme emprunt\u00e9e entre les deux finalit\u00e9s respectives peut \u00eatre un crit\u00e8re important. Cependant, ainsi crit\u00e8res qualitatifs<\/b> peuvent s\u2019av\u00e9rer pertinents, par exemple le fait qu\u2019un seul parmi un plus grand nombre de d\u00e9biteurs exerce une activit\u00e9 professionnelle ou que l\u2019octroi d\u2019un pr\u00eat, initialement destin\u00e9 uniquement \u00e0 des fins priv\u00e9es, qui a \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9 \u00e0 l\u2019affectation partielle du montant emprunt\u00e9 au remboursement des dettes li\u00e9es au commerce.<\/p>\n Dans l\u2019ensemble, l\u2019arr\u00eat dans l\u2019affaire C\u2011570\/21, YYY, est une d\u00e9cision bienvenue, dissipant les doutes quant \u00e0 la lecture de la notion de consommateur dans diff\u00e9rents actes juridiques. <\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e, la Cour de justice a rendu l\u2019arr\u00eat dans l\u2019affaire C\u2011570\/21, YYY. (Notion de consommateur). L\u2019affaire concernait, une fois de plus, la notion de consommateur au sens de la directive 93\/13\/CEE concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs (UCTD). La Cour a d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 des probl\u00e8mes similaires… Poursuivre la lecture les notations de consommation en droit des contrats et en droit international priv\u00e9 ne sont pas \u00e9quivalentes<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":586,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-425","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire-du-droit-et-de-la-loi","entry"],"yoast_head":"\n
<\/div>\n