Le nouvel article, intitulé « trois ans de prison requis pour recel contre l’avocat Marcel Baldo », a été récemment publié.
Peut-on imaginer binôme plus disparate ? Mercredi 12 novembre, un duo pour le moins baroque a comparu devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. D’un côté, Marcel Baldo, trente-huit ans de robe noire en Seine-Saint-Denis, une carrière d’avocat pénaliste bien remplie. Allure soignée, cheveux gris bien coiffés, lunettes aux fines montures, il pèse ses mots, combatif. Face au tribunal, à 65 ans, cet amateur d’art se tient droit à la barre, raide dans son col roulé bleu clair. Son casier judiciaire est vierge.
De l’autre, Bruno Ordon, toxicomane, plus d’une vingtaine de condamnations, la plupart pour des vols sans envergure. Les cheveux blancs coupés ras, baskets aux pieds, appuyé sur une béquille. A l’audience, il n’est pas avare de phrases, et les débite sans filtre – « Les mots, pour moi, n’ont pas trop de sens », explique-t-il benoîtement pour justifier une énième contradiction. A 60 ans, a-t-il déjà travaillé dans sa vie ? Pas vraiment. Les rares fois, c’était « en prison », répond-il au tribunal.
En plus de trente ans, Marcel Baldo a défendu Bruno Ordon maintes fois. L’avocat et son client sont amis de longue date. Mercredi, une fois n’est pas coutume, les deux hommes, aux profils si éloignés, étaient poursuivis dans la même affaire. Bruno Ordon pour vol ; Marcel Baldo pour recel et blanchiment.
La justice reproche au premier d’avoir dérobé, au cours de l’année 2017, quatre sculptures. D’abord, le 27 mars, une œuvre d’un artiste français reconnu, Guy Geymann, sur un marché aux puces de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), au prix estimé de 4 500 euros. Les 13 et 22 octobre, dans des galeries parisiennes, une statue précolombienne (6 500 euros), puis Tête de lionne, un bronze de Diego Giacometti (18 000 euros). Enfin, Maternity, un bronze de Fernando Botero, proposé à la vente à 425 000 euros et subtilisé, le 4 novembre, dans une galerie du chic 8e arrondissement de Paris. L’avocat, lui, est soupçonné d’avoir recelé trois de ces œuvres que le voleur lui avait présentées – pas le Giacometti, jamais retrouvé.
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